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Expertise scientifique
La cosmétique à lÂ’honneur au Palais des Nations les 20 et 21 janvier derniers
2/3/2010 10:36:02 (3559 lectures)

  
Le secteur de la cosmétique était bien représenté aux journées de la biodiversité qui se sont tenues les 20 et 21 janvier dernier à Genève, à l’invitation de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement. Cette institution œuvre déjà depuis plusieurs années, par l’intermédiaire de son initiative BIOTRADE, dans l’intégration d’ingrédients issus de la biodiversité, notamment en provenance d’Amérique du Sud, dans le commerce international de la nutrition, de la cosmétique et de la pharmacie

Le but de ces journées était de « passer à une vitesse supérieure », en invitant toutes les parties prenantes susceptibles de peser sur le marché et sur les gouvernements et d’améliorer la connaissance encore largement insuffisante des enjeux par le consommateur. Même si le développement durable et l’éthique sont des notions qui progressent très rapidement sur le marché, elles nécessiteront probablement d’être complètement intégrées par le consommateur avant que celui-ci ne puisse aborder le dossier complexe de la biodiversité. C’est précisément là où les produits de beauté tirant leur identité et leur originalité d’ingrédients issus de la biodiversité, peuvent aider à faire un usage domestique et quotidien de ce mot. L’enjeu est qu’à travers un partage équitable de l’accès à cette naturalité, et des bénéfices que tout un chacun peut en tirer, l’industrie puisse faire vivre durablement dans les pays en voie de développement des communautés qui dépendent uniquement des ressources naturelles pour leur survie.
 
L’accès à la biodiversité est le premier enjeu. Aussi, ces journées ont permis à des investisseurs occidentaux de rencontrer les représentants de pays qui affichent un potentiel très important et s’emploient à faciliter par tous les moyens la conclusion de contrats commerciaux « gagnant-gagnant ». La Colombie, qui estime concentrer 10% de la biodiversité mondiale, a ainsi mis au point un dispositif règlementaire élaboré permettant d’assurer la durabilité de ses ressources mais également l’émission de contrats de mise en vente libre (free trade agreements) facilitant la cession à des entreprises étrangères dans le cadre d’un partenariat public/privé original.
 
Du côté du partage des bénéfices, quelques entreprises phares (WELEDA, MANE) ont montré l’exemple de partenariats réussis, faisant intervenir des ONG environnementales (cas de WWF pour la cueillette durable de l’Arnica en Roumanie pour WELEDA) pour valider scientifiquement la démarche. MANE montrera que cette dernière peut passer par le renoncement à certaines ressources (ex : bois de rose) nécessitant la coupe d’un arbuste, en privilégiant l’utilisation des feuilles contenant la même substance active. Le cluster d’entreprises Français COSMETIC VALLEY est lui aussi actif dans des actions de partenariat qui incitent, par exemple, à ne plus couper les arbres « Sterculia » des cultures au Togo, mais plutôt à les exploiter durablement pour en recueillir la gomme. Ce qui illustre au passage le fait que les pouvoirs publics doivent tenir compte du fait qu’enlever un ingrédient des catalogues de matières premières utilisables en cosmétique, peut participer paradoxalement à l’extinction de cette ressource, alors qu’une exploitation durable saura préserver l’espèce.
 
Du côté règlementaire en effet, le champ reste très ouvert dans la perspective de l’évolution de la Convention sur la Diversité Biologique. La Convention de Washington (CITES) pourrait évoluer dans le sens d’un système de certification du commerce durable, tandis que des labels particuliers comme NaTrue continuent de pallier le plus efficacement possible, à l’absence d’harmonisation tant européenne que mondiale en matière de cosmétiques naturels et/ou biologiques.
 
A l’issue de ces journées, un consensus fort a émergé en faveur de certifications scientifiques indépendantes pour éviter ou limiter le phénomène de « greenwashing » par lequel certaines entreprises essaient de surfer sur la vague de la naturalité, sans assumer les coûts environnementaux et sociaux réels du partage mondial de la biodiversité.
 
NCC était présent afin de suivre les évolutions au niveau formulation et règlementaire.
Pour toute question, merci de nous joindre à info@nccreation.ch // www.nccreation.ch
 
 


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